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Formations formelles et informelles
Flux est un tiers-lieu apprenant: qu'est-ce qu'on y apprend et surtout, comment ?
Nous distinguons deux types de manières d'apprendre : les moments où on vient pour se former et les moments où on se forme alors que ce n'était pas forcément pour ça qu'on était venu·e. Ici, on appelle les premiers les «formations formelles» et les derniers les «formations informelles».
Formations formelles
Les formations formelles, ces moments assumés comme des espaces formatifs, prennent plusieurs formes.
Les Portes Logiques et Gwennili proposent différentes formations à destination des professionnel·les (certaines sont certifiées par Qualiopi). Elles portent sur leurs pratiques professionnelles, que ce soit numériques ou interculturelles (notamment des formations certifiantes dans le cadre de l'Office Franco-Allemand pour la Jeunesse).
Flux propose régulièrement des actions de sensibilisation des bénévoles aux violences sexistes et sexuelles (VSS), aux transidentités (notamment à travers les actions de la CTEFS), aux handicaps, et à des techniques comme l'enregistrement. Une formation à l'autonomie dans le Kafe est régulièrement proposée aux bénévoles pour transmettre des notions d'accueil mais aussi d'hygiène et de sécurité.
Pendant la rénovation du bâtiment, Flux a été maître d’œuvre du chantier, notamment pendant les chantiers bénévoles mais aussi sur le chantier-école, formation pré-qualifiante en partenariat avec l'AFPA (voir «Organiser des chantiers collectifs»).
Formations informelles
En dehors de ces moments où on vient pour se former, de nombreux moments et espaces permettent l'apprentissage et la formation, parfois quand on ne s'y attend pas. Le chantier de rénovation a permis de nombreux apprentissages et montées en compétences, sans que ce soit certifiant ou nommé comme une formation. Nous privilégions souvent la «contribution» plutôt que la formation, ce qui donne un autre statut aux gens et un autre rapport dans les échanges. Nous organisons fréquemment des visites apprenantes pour que, dans un temps informel et accessible (une visite) on transmette diverses informations (sur le monde associatif, l'engagement, les projets collectifs) et qu'on crée des petites étincelles (en parcourant plusieurs «possibles» offerts par le lieu). De nombreux espaces de découverte et d'échange sont ainsi favorisés dans le lieu, de façon spontanée ou dans la programmation du café, par exemple des conférences gesticulées, des arpentages (lecture collective d'un livre). Tous les mois, différents «clubs» sont animés qui sont autant de temps pour se transmettre des savoirs: le café des langues pour pratiquer l'oralité, le café lecture pour découvrir de nouveaux ouvrages ou des formes littéraires qu'on ne connait pas, les cafés éco-habitat pour apprendre sur l'éco-construction. Nous organisons régulièrement des ateliers et accueillons des ateliers animés par des partenaires. Les membres sont encouragés à proposer des nouvelles formes, à les porter (avec des coups de pouce!), à les animer.
Par exemple, 2 bénévoles ont lancé des «café-tricot», une fois par mois. Au départ à 2, elles peuvent maintenant être une douzaine de personnes à se transmettre astuces et laines tous les mois autour d'un café.
Le pair à pair
Le pair à pair est l'idée d'apprendre sans rapport hiérarchique, d'enseignement en dehors du format d'un·e expert·e ou prof qui détient le savoir face à des élèves qui cherchent à l'acquérir. La méthode du pair à pair rassemble des personnes ou groupes ayant un profil similaire, qui se perçoivent comme égaux et qui peuvent se former et s'accompagner mutuellement. C'est une approche beaucoup utilisée dans le travail de jeunesse, où les jeunes forment d'autres jeunes sans forcément passer par un·e adulte de référence.
A Flux, nous avons beaucoup d'occasions de pratiquer le pair à pair et nous le défendons comme une approche politique et pédagogique. Pendant le chantier de rénovation, des bénévoles qui n'avaient pas forcément d'expérience préalable se sont rapidement retrouvé·es dans la situation de former des bénévoles plus récemment arrivé·es. Pas besoin de repasser par un·e expert·e pour le transfert de ces compétences nouvellement acquises : les bénévoles forment les bénévoles. C'est aussi une valeur centrale de la CTEFS, dont le projet est défini par le pair à pair communautaire par et pour des personnes concernées par les questions de transidentité.
Au kafé et au fablab, les compétences circulent aussi de bénévole à bénévole, d'usager·e à usager·e.
Le pair à pair ne fonctionne pas qu'à l'échelle individuelle, nous le vivons aussi de structure à structure. Par exemple, dans le cadre d'un dispositif de compagnonnage, le tiers lieu de Redon, Le Parallèle, a accompagné Flux. (Voir le chapitre Compagnonnage et accompagnement)
Le projet européen franco-portugais est aussi un exemple de formation pair-à-pair, où des professionnel·les et bénévoles de différentes associations françaises et portugaises se forment mutuellement sur leurs contextes et leurs pratiques.

