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Prendre soin du collectif
Un des grands défis est d'accueillir chacun.e avec ses particularités, tout en prenant soin du collectif. Nous ne sommes pas super naif.ve.s, c'est une utopie de dire qu'un lieu pourrait convenir à tout le monte et réussir à intégrer tout le monde. Cela fait partie de la vie des groupes que des gens y entrent, y passent et s'en éloignent et c'est OK. Il est aussi parfois complexe de prendre soin du noyau dur qui gère et anime FLUX au quotidien, des commissions et bénévoles qui font vivre le lieu, tout en étant dans l'accueil et le soin des différents personnes qui traversent le lieu. Quand on parle dans cette section de “prendre soin du collectif”, on parle plutôt des membres actifs, du collectif qui fait.
Se connaitre pour du vrai
La coopération ça ne se décrète pas, ça se travaille, ça se construit et ça exige de la confiance. Nous avons passé des heures (vous avez du le comprendre à travers cet ouvrage) à réfléchir et travailler le projet, le sens politique comme son organisation pratique. Nous avons aussi passé beaucoup de temps à faire connaissance, à essayer de mieux se comprendre, savoir d'où parle l'autre, de quoi iel a besoin pour être bien, à faire des choses ensemble et c'est les expériences réussies et les échecs vécus ensemble qui ont aussi forgé la confiance réciproque. Bien se connaitre ça implique de se dire les choses, avec diplomatie (comme on peut!) mais sans langue de bois. On parle souvent de la communication dans les couples, dans les équipes c'est pareil et c'est vrai de vrai! Nous sommes des individus avec des personnalités, des regards sur le monde différents, ce qui est évident pour moi, c'est carrément possible que ça ne le soit pas du tout pour l'autre et si l'autre ne me dit pas qu'iel ne voit pas les choses ainsi, je reste dans ma bulle de certitudes. Si je ne suis pas capables de comprendre que ma certitude est relative, ça bloque aussi.
Systématiser cette attention aux gens dans le groupe
Il y a les tours de tables classiques et il y a les tours de tables ou jeux d'interconnaissance qui font qu'on apprend de l'autre. Pour certain.e.s, c'est un challenge en soi d'y participer, parce que justement, demander à quelqu'un.e de dire des choses sur soi cela laisse à voir qui il.elle est, et c'est déjà se découvrir, entrer en lien.
Le “point météo” (où chacun.e dit comme iel arrive en réunion) est aussi parfois vu comme une animation futile et faussement bienveillante. Pourtant, quand dans un groupe de travail, où l'on doit coopérer, quelqu'un.e arrive avec des émotions fortes (colère, excitation, tristesse) ou un état fragilisé (douleurs, grosse fatigue, règles) etc, iel ne pourra pas être en relation de façon habituelle et si le groupe n'identifie pas que ce n'est pas lié à lui mais à un état extérieur, cela peut tendre des réunions. Or, si c'est nommé, le groupe pourra faire attention à ce que la personne ne soit pas attendue sur des choses trop engageantes, ça ne sera pas forcément le moment de mettre à plat des difficultés. En l'annonçant, on prend soin de chacun.e mais aussi du collectif pour ne pas entrer en conflit inutile.
Les temps informels sont aussi très importants pour créer du lien entre les membres: café et chouquettes pour accueillir, repas en collectif, pot de célébration des réussites, de fin de chantier/projet, pots ou gâteaux d'anniversaires.
Formaliser des temps annuels dédiés
Le niveau de coopération entre le noyau dur du collectif et les groupes ne demande pas forcément un même niveau d'interconnaissance ou d'intimité dans les relations, dans les temps de cohésion, il faut donc adapter aussi ses espaces dédiés et laisser faire la vie (et + si affinités!). Les interflux : depuis 2 ans, nous invitons chaque année les bénévoles des 4 assos colocs pour un temps en début d'année dédié à mieux se connaitre. L'objectif est que, au-delà des salarié.e.s qui travaillent au quotidien au lieu, les dirigeant.e.s associatifs, les bénévoles fortement impliqués, puissent bien identifier qui est qui, qu'une relation s'installe pour qu'ils puissent de (re)connaitre quand ils se croisent dans le lieu comme membres actifs d'un même projet, qu'iels tissent possiblement des liens pour porter des nouvelles idées, continuer l'hybridation de nos structures. icono : photos interflux !
Les mises eu glaz*: nous étions 7 (principalement salarié.e.s des assos) à porter le projet et ce noyau dur est toujours au coeur du réacteur. Il nous a semblé essentiel à certain.e.s moments de sortir des murs, sortir du chantier, sortir de Quimper pour avoir du temps dédié entre nous. Ces temps qu'on pourrait appeler séminaires sont un mélange entre des grands temps de réflexion stratégique (ex: 2 jours à Landeda dans une maison de famille)
*en Cornouaille la couleur entre vert et bleu s'appelle le glaz et quand on habite à Quimper et qu'on veut se mettre au vert, la mer n'est jamais loin…
Risque : être débordé et ne pas prendre le temps/dispo pour prendre soin des autres limite du rapport au travail limite de l'engagement mélange vie pros / vie perso d'une vie militante


